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Valérie Gaudreau (collaboration spéciale) |
Le Soleil
Depuis le temps qu'on en entendait parler, on avait bien hâte de voir ce fameux Valkyrie, un film appelé à relever le double défi de rendre avec justesse un chapitre méconnu de la Seconde Guerre mondiale tout en sauvant la carrière de Tom Cruise au passage. Une lourde mission qui, au final, s'avère à moitié accomplie.
Vrai qu'on attendait de pied ferme ce drame historique dont le tournage controversé et difficile laissait présager le pire (voir Un tournage ponctué d'embûches). Un film attendu aussi parce que déterminant pour Tom Cruise qui avait vu son étoile pâlir ces derniers temps en raison de son comportement étrange et de son militantisme religieux.
Or, sans dire que Valkyrie replacera Cruise au sommet, il faut reconnaître qu'il se défend assez bien dans le rôle de Claus von Stauffenberg, un officier de l'armée allemande (la Wehrmacht) devenu symbole de la résistance au régime nazi après avoir été à la tête d'un complot pour assassiner Adolf Hitler le 20 juillet 1944. Son jeu ne casse rien, mais Cruise rend bien le sang-froid de cet officier qui assume totalement le fait d'être sur le point de commettre un crime de haute trahison.
Le complot en question : tuer le Führer en faisant exploser une bombe en pleine réunion. La douzaine d'officiers allemands impliqués dans le coup aurait par la suite lancé l'opération Valkyrie qui visait à mettre en place un gouvernement d'opposition.
Or, dans la vie comme à l'écran, tuer le chef nazi n'est pas une mince tâche et le réalisateur Bryan Singer (X-Men, Suspects de convenance), arrive à nous faire entrer dans les coulisses de ce complot. À ce titre, les scènes de maraudage visant à bâtir une équipe de résistants sont parmi les plus intéressantes du film. La tension dans les heures précédant l'exécution du plan est aussi bien amenée. Tellement, en fait, que l'aspect thriller prend le dessus sur le drame historique. Et là est à nos yeux la principale faille de Valkyrie. À trop vouloir entrer dans les détails du complot, sa stratégie et sa technique, le scénario néglige une donnée essentielle : l'émotion.
Trop peu de temps est accordé à développer les motivations des résistants, ces militaires qui voyaient en Hitler le pire ennemi de l'Allemagne. Il y a bien cette tentative de miser sur la vie de famille de Claus von Stauffenberg, mais ces scènes semblent plaquées sans conviction et ne réussissent jamais tout à fait à convaincre.
La réalisation, bien que convenue, est efficace. La reconstitution historique aussi. Mais il en aurait fallu beaucoup plus pour faire de Valkyrie un film marquant au lieu d'une énième production sur la Seconde Guerre mondiale. Ceux qui ont à l'esprit les récents La Chute ou Les Faussaires seront amèrement déçus. Pour les autres, il faut prendre Valkyrie pour ce qu'il est : un suspense instructif et divertissant mais qui, contrairement aux événements qu'il raconte, ne passera pas à l'histoire.
Un tournage ponctué d'embûches
L'arrivée en salle de Valkyrie le jour de Noël marquait la fin d'un tournage difficile pour Tom Cruise et sa bande. En fait, avant même que les caméras ne tournent, les autorités allemandes se sont montrées irritées par l'idée que Cruise, un scientologue notoire, tourne en Allemagne, un pays où l'Église de Scientologie est considérée comme une secte et est surveillée de près. En août 2007, le tournage a aussi été marqué par un accident dans lequel une douzaine de figurants ont été blessés. Les studios MGM ont par la suite modifié à trois reprises la date de sortie du film, laissant libre cours aux rumeurs voulant que la qualité de l'oeuvre ne soit pas satisfaisante. On raconte aussi que des bouts de pellicule ont été abîmés en cours de route. Un tournage truffé de malchances qui a même fait dire au réalisateur Bryan Singer que le fantôme d'Hitler a peut-être tenté de venir se venger sur le plateau...
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Valkyrie (v.f. de Valkyrie). Genre : Drame historique. Réalisateur : Bryan Singer. Acteurs : Tom Cruise, Kenneth Branagh et Bill Nighy. Classement : général. Durée : 2 h.
On aime : En apprendre sur cet épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale
On n'aime pas : le thriller au détriment de l'émotion, la réalisation convenue