Le Soleil
Québec
À 78 ans, Clint Eastwood ne démontre aucun signe d'essoufflement. Une vraie force de la nature. Quelques mois seulement après Changeling et en attendant l'an prochain The Human Factor, sur la vie de Nelson Mandela, on le retrouve derrière et devant la caméra pour Gran Torino. Sans être son film le plus accompli, ce drame social recèle de belles qualités, dont une invitation à transcender les différences pour mieux se rapprocher de l'autre.
Gran Torino est le récit d'une métamorphose sur le tard, celle que vivra un septuagénaire grincheux et raciste, Walt Kowalski (Eastwood), au contact de ses voisins asiatiques. Vieux jeu et ultraconservateur, ce vétéran de la guerre de Corée voit d'un mauvais oeil la transformation de son quartier de Detroit, pris d'assaut par les immigrants.
Veuf depuis peu, ne partageant aucune affinité avec ses deux fils et ses petits-enfants, Walt Kowalski vit une bien triste fin d'existence. Mais tout n'est pas perdu. Son coeur a beau être sec en apparence, il peut encore battre pour une bonne cause. C'est ainsi que le vieil homme prendra sous son aile son jeune voisin, Thao (Bee Vang), un adolescent timide et renfermé qu'il a surpris dans son garage à tenter de voler sa rutilante Gran Torino 1972.
Kowalski comprendra alors que le jeune agissait sous les ordres de son cousin, le chef d'un gang de rue qui sème la terreur dans le quartier. Dès lors, le vieux renard décidera de réhabiliter l'enfant et de lui servir de protecteur, à lui et à sa famille.
Message de tolérance
Ce portrait d'un homme sur le déclin, incapable de se guérir des fantômes du passé, offre une belle performance d'acteurs (en autant qu'on puisse passer outre l'affreuse voix d'Eastwood en version française...) et un scénario bien mené, quoique parsemé de quelques passages à vide (dont les scènes inintéressantes chez le barbier).
Ce Eastwood nouveau a l'impression de voir une version troisième âge de Dirty Harry, avec une carabine qui a remplacé le Magnum. En filigrane, on devine le message de tolérance lancé aux vieux Américains qui ont du mal à voir leur pays se transformer et qui cultivent le ressentiment à l'égard des nouveaux arrivants.
Gran Torino, c'est aussi la marche vers la rédemption d'un homme incapable de trouver la paix après avoir vécu l'horreur. Sa rencontre avec l'adolescent deviendra sa planche de salut pour expier ses fautes. Comme quoi il n'est jamais trop tard dans la vie pour se racheter.
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Titre : Gran Torino
Genre : drame
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Clint Eastwood, Bee Vang, Anney Her, Christopher Carley, Brian Haley, Geraldine Hughes et John Carroll Lynch
Salles : Cinéplex Sainte-Foy, Cinéplex Beauport, Place Charest et Lido
Classement : 13 ans
Durée : 1h56
On aime : les qualités morales du film, le jeu convaincant des acteurs, la musique et la chanson-thème
On n'aime pas : les passages à vide de la mi-parcours, la version doublée et la voix d'Eastwood en français