C'est la drôle d'impression qui se dégage de cette coproduction franco-québécoise signée Robert Ménard (Cruising Bar), d'après un scénario de Guy Bonnier, qui fait son pain et son beurre d'une caricature vieillotte, farcie de situations réductrices.
Le bonheur de Pierre relate les tribulations d'un professeur de physique français (Pierre Richard) venu s'installer au Québec avec sa fille (Sylvie Testud) dans une auberge héritée d'une vieille tante. La fille, une acariâtre journaliste mondaine, est un peu réfractaire à l'idée, mais l'héritage d'un million d'euros à la clé la convaincra d'accepter cet exil forcé avec son paternel.
Or, le maire de Sainte-Simone, leur village d'adoption (Rémy Girard), en colère de voir l'établissement lui filer sous le nez au profit d'un autre «étrange», mettra tout son monde à contribution pour rendre la vie insupportable aux nouveaux arrivants. Tout cela dans le but de les voir retourner à Paris aussi vite qu'ils sont venus.
Le filou usera de mille et une combines, avec la complicité de son fils pas très allumé (Patrick Drolet) et de quelques concitoyens : retenue en catimini du courrier, coupures d'électricité et de téléphone, entrée d'auto ensevelie sous la neige, une bonne grosse poutine italienne au menu...
Rien n'y fera. Envers et contre tous, Pierre Martin restera un indécrottable optimiste téflon que tous les malheurs ne sauront atteindre, trop obnubilé qu'il est à goûter aux grands espaces du pays de ses ancêtres, les raquettes aux pieds en permanence, content de savourer la pertinence de sa théorie quantique sur l'infiniment petit et les fondements du bonheur...
Non seulement Le bonheur de Pierre joue à fond la carte du cliché, mais il le fait de façon maladroite, chaotique et sans aucune originalité. Des scènes semblent sortir tout droit d'une pub de Tourisme Québec.
Pierre Richard joue sans grande surprise du... Pierre Richard, bonasse et ineffable, alors que la mauvaise humeur du personnage de sa fille irrite davantage qu'elle ne fait sourire. Sa (prévisible) histoire d'amour avec le bon gars du village (Jean-Nicolas Verreault) ajoute une couche de plus à notre ennui.
Le reste de la distribution, à l'exception d'un honnête Rémy Girard, est à l'avenant. Louise Portal, avec son accent «la-la» du Saguenay, en met visiblement trop dans son désir d'amadouer les nouveaux arrivants.
En deux mots, on ne croit pas un seul instant à cette histoire décousue et pas drôle pour deux sous (ou deux euros...).
Le bonheur de Pierre est précédé, dans 35 salles au Québec, du court-métrage ONF 70 ans, de Jean-François Pouliot, un hommage à l'Office national du film.
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Genre : comédie
Réalisateur : Robert Ménard
Acteurs : Pierre Richard, Rémy Girard, Sylvie Testud, Jean-Nicolas Verreault, Gaston Lepage, Louise Portal, Patrick Drolet, Diane Lavallée, Vincent Bilodeau, Sylvie Lemay, Luc Proulx et André Lacoste
Salles : Cinéplex Sainte-Foy, Cinéplex Beauport, Le Clap et Lido
Classement : général
Durée : 1h46
On aime : les paysages de Sainte-Rose-du-Nord
On n'aime pas : l'abondance de clichés, les gags qui tombent à plat, la naïveté agaçante du récit, les personnages peu crédibles