Le jeudi 26 mars 2009
Grande Ourse - la clé des possibles : passage réussi
Grande Ourse: La clé des possibles
La Presse
Les incursions dans le cinéma de genre étant plutôt rares au Québec, Grande Ourse - la clé des possibles se démarque avantageusement à ce chapitre.
Malgré de modestes moyens, Patrice Sauvé parvient à livrer ici un film à caractère fantastique qui répond parfaitement aux critères du genre. Retrouvant l'univers déjà créé dans la série diffusée à la télé il y a quelques années, le cinéaste propose en outre une production de très belle tenue, laquelle pourra aussi séduire les non-initiés.
Le spectateur est ainsi invité à plonger dans les méandres d'un monde paranormal, à la faveur d'une scène très forte qui a le mérite d'installer le ton d'entrée de jeu. Le scénariste Frédéric Ouellet a en effet concocté un récit qui joue très vite sur deux niveaux, les situations se déroulant dans le cadre de la vie réelle ayant toutes leur contrepartie dans une vie parallèle.
Pour bien établir les marques de l'un et de l'autre, la direction artistique se fait précise et rigoureuse, et les images, éclairées différemment, sont à l'avenant. Il convient de souligner l'excellent travail du directeur photo Ronald Plante à ce chapitre. La «vraie vie» est plus sombre; celle de déroulant dans l'autre dimension est plus voyante, plus criarde.
L'intrigue, indépendante de la série télévisée, met à profit trois des personnages que les admirateurs de Grande Ourse connaissent déjà très bien. Louis-Bernard Lapointe (Marc Messier) est devenu consultant pour l'agence de détectives que dirigent Émile Biron (Normand Daneau) et Gastonne Béliveau (Fanny Mallette), désormais époux à la ville.
Doté de pouvoirs prémonitoires (dont il se passerait bien), Lapointe est amené à se transporter dans «l'autre» monde afin d'aller sauver Biron, mystérieusement kidnappé. L'enjeu: mettre la main sur une clé qui permet à celui qui la possède de choisir le cours de son destin.
La réussite du film tient notamment à la maîtrise d'un ton qui, sans s'abandonner à la satire, établit une complicité immédiate avec le spectateur en distillant quelques pointes d'humour. Le récit a beau être mené avec beaucoup de rigueur (on a évité le piège de la multiplication des intrigues), il reste que les artisans se sont quand même laissé un espace à l'intérieur duquel ils peuvent se permettre des moments plus fantaisistes. Seule une scène de poursuite dans un cimetière paraîtra un peu plus appuyée que les autres, les acteurs étant alors obligés de jouer sur le registre du premier degré en maniant le fusil...
Cela dit, les acteurs s'en donnent visiblement ici à coeur joie. Messier n'avait pas trouvé un aussi beau rôle au cinéma depuis longtemps; Daneau et Mallette sont adorables; et le couple que forment Gabrielle Lazure (beau retour!) et Frédéric Gilles est en parfaite harmonie avec le caractère à la fois séduisant et troublant de cette histoire. On louera aussi les présences de Monique Mercure et Marie Tifo, pour le moins étonnantes.
Des effets visuels de très belle qualité assurent par ailleurs la réussite de ce passage du petit au grand écran.
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* * * 1/2
GRANDE OURSE - LA CLÉ DES POSSIBLES. Suspense fantastique réalisé par Patrice Sauvé. Avec Marc Messier, Fanny Mallette, Normand Daneau, Maude Guérin, Gabrielle Lazure. 1 h 43.
Dans l'espoir de sauver un ami mystérieusement disparu, un ancien journaliste doit se rendre dans un monde parallèle afin de mettre la main sur la «clé des possibles».
Une production de très belle tenue, aussi destinée aux non-initiés.