Le jeudi 26 mars 2009
Monsters vs. Aliens : nos amis les monstres
La Presse
On ne peut que pousser un «C'est beau!» devant les premières images de Monsters vs Aliens: l'animation 3D est à ce point époustouflante qu'on en oublie rapidement les fichues lunettes qu'il faut porter pour en profiter.
Puis, on ne peut que sourire en réalisant que ce long métrage applique aux films de science-fiction celle que Shrek a servie aux contes de fées: les clins d'œil aux oeuvres classiques comme plus récentes feront glousser - à des moments différents - les spectateurs de chaque génération.
Et puis, le bémol - chez les plus «mûrs» au sein du public: les efforts qui ont été déployés sur l'aspect visuel du film de Rob Letterman et Conrad Vernon le sont au quasi détriment de l'histoire et des dialogues: on vise toujours le déploiement des «effets spéciaux» - comprendre, les scènes d'action.
Le résultat en met donc plein la vue mais l'histoire, mignonne, n'est pas forte ni aussi mémorable qu'un Coraline, par exemple. Et quand viendra le temps de la consommation sur DVD, Monsters vs Aliens offrira moins que Madagascar - Espace 2 Africa et Kung Fu Panda, eux aussi produits par DreamWorks.
L'histoire est celle de Susan. C'est le jour de son mariage. C'est la joie. Et le choc. Au sens propre du terme: une météorite lui tombe sur la tête. La jeune femme, contaminée par du «quantonium», devient géante, est capturée par les autorités et enfermée dans un lieu secret où, manière Men in Black, le gouvernement américain emprisonne les «monstres» dont il veut que la population ignore l'existence.
Ici, première rafale de clins d'oeil: Susan, devenue Ginormica, est indéniablement apparentée à la vedette de Attack of the 50-Foot Woman; l'hybride humain-insecte qu'est Doc Cafard est parent avec le scientifique malchanceux de The Fly; le gélatineux B.O.B. fait écho au personnage central de The Blob; l'énorme Insectosorus est le cousin de la star de Mothra; et Chaînon manquant rappelle trop pour que ce soit un hasard The Creature from the Black Lagoon. Rigolo.
Cet escadron de mal-aimés sera envoyé à la rescousse de la Terre, rien de moins, menacée par un extra-terrestre tentaculaire. C'est la deuxième partie du long métrage, aussi époustouflante... qu'elle est en surface. Les péripéties en mettent plein la vue mais elles sont prévisibles sur le plan narratif et manque de mordant, de piquant, de drôlerie sur celui des dialogues.
Restent les références cinématographiques, omniprésentes et éclatées. Ça va de Close Encounters of the Third Kind à The Clone Wars, en passant par E.T., X-Men, Superman, The Day the Earth Stood Still, etc. - de cela, on ne se fatigue pas. Aussi, un air de girl power différent de celui de Coraline mais toujours intéressant à «entendre». Et, au final, une promesse de suite... qui n'est pas sans intérêt.
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Monsters vs. Aliens (V.F.: Monstres contre aliens). Film d'animation de Rob Letterman et Conrad Vernon. 1 h 34.
Des «monstres» dont le gouvernement américain cache l'existence au reste du monde sont appelées à sauver la Terre d'une invasion extraterrestre.
On fait ici avec les films de science-fiction ce que Shrek a fait avec les contes classiques. Sauf que l'énergie a été mise sur l'animation 3D plus que sur l'histoire et les dialogues...