Le jeudi 16 avril 2009
State of Play : super reporter
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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
À partir d’un scénario intelligent mais plombé (l’enquête de journalistes sur une sombre affaire de meurtre aux profondes ramifications politiques), le réalisateur Kevin Macdonald a visiblement voulu rendre hommage à un certain cinéma américain des années 70 (on pense tout de suite au All the President’s Men d’Alan J. Pakula ou, plus récemment, au JFK d’Oliver Stone).
Russell Crowe, crédible quoi que poseur en reporter de choc au service du Washington Post (avec ses cheveux longs, sa mauvaise humeur permanente et son air de s’en ficher alors qu’il travaille comme un diable) cherchant à retracer le ou les responsables de l’assassinat de la maîtresse d’un politicien qui s’avère être aussi son vieil ami (Ben Affleck, aussi émouvant qu’un meuble). On devra comprendre assez vite que ce crime fait partie d’une opération de camouflage, menée par des gens très haut placés. La fille en savait trop (on ne vous dira pas sur quoi). Et notre brave journaliste sera évidemment menacé par l’ennemi, tout comme ses «sources».
State of Play (Jeux de pouvoir en version française) est, de fond, captivant, mais paraît, de forme, ni plus ni moins ambitieux que l’émission pilote d’une série télé de luxe (mieux vaut voir la vraie série de la BBC). Les caméras gigotent et tremblotent à tout bout de champ, pour faire «reportage»; procédé facile et agaçant. Ce scénario aurait mérité une réalisation plus posée au grand écran.