La Presse
Les attentes étaient élevées et, ô soulagement, le défi est relevé. Les Trekkies, Trekkers et autres fans non répertoriés seront comblés. Leurs rangs seront d’ailleurs grossis de ces jeunes qui n’ont jamais exploré l’univers créé par Gene Roddenberry en 1966 et autres amateurs de science-fiction qui, pour diverses raisons, n’ont jamais adhéré à cette proposition.
Avec Star Trek, J.J. Abrams réussit à remettre sur la carte (interstellaire) une série qui battait de l’aile (on l’a même dite moribonde), un peu comme Martin Campbell l’a fait pour James Bond avec Casino Royale. Pour ce qui est de Star Trek, on va à la rencontre d’un jeune James T. Kirk rebelle qui ne trouve pas défi à sa mesure dans les plaines de l’Iowa où il grandit et d’un jeune Spock déchiré entre la logique vulcaine et les émotions humaines.
Enfances et adolescences révélatrices des hommes qu’ils deviendront et des motivations qui les pousseront à s’engager dans Starfleet. Et de la rivalité qui les opposera lorsque viendra le temps de prendre place à bord de l’Enterprise, lors d’un vol inaugural précipité à cause de la menace que représente Nero (Éric Bana, aussi méconnaissable et inquiétant qu’excellent), un Romulien en quête de vengeance.
Extrêmement fidèle à l’esprit de la série originale, tant dans son fond que dans sa forme (mais avec les moyens techniques d’aujourd’hui et un budget de plus de 150 millions); véhiculant les mêmes valeurs de paix; porté par des acteurs qui ont capté et rendent l’essence des personnages dont ils sont les nouveaux porteurs de flambeau; racontant une histoire à la fois simple, efficace et loin d’être bête, ce 11e long métrage de la galaxie «Star Trek» est un formidable divertissement pour tous.
En effet, si les fans de la première heure applaudiront à certaines répliques culte ou révélations surprenantes ou encore en voyant comment les décors et accessoires de l’époque ont été adaptés à nos normes contemporaines sans y perdre leur nature première; les nouveaux venus ne manqueront pas de prises auxquelles s’accrocher: rythme, suspense, humour et effets spéciaux impeccables sont au rendez-vous.
Quant à la distribution, composée d’acteurs peu connus (bonne idée), elle est presque sans faille. Les fans «reconnaîtront» l’esprit et les manières de James T. Kirk, de Spock et du Dr McCoy dans les Chris Pine, Zachary Quinto (Sylar dans Heroes) et Karl Urban qui reprennent les rôles.
On reprochera peut-être le jeu trop caricatural d’Anton Yelchin en Chekov, l’arrivée tardive (mais spectaculaire) de Simon Pegg en Scotty. Sinon, le piquant et le mordant d’Uhura telle que revisitée par Zoé Saldana ne manque pas d’intérêt et John Cho en Sulu possède ce qu’il faut pour faire oublier le Harold de Harold et Kumar en lui.
Bref, essayez donc de ne pas vous éjecter de votre siège pour applaudir lorsqu’une certaine voix, au moment du générique final et sur une certaine musique, commencera : «Space, the final frontier...»