Le jeudi 4 juin 2009
The Hangover : les variations drolatiques
La Presse
Résumer The Hangover de Todd Phillips par «c’est l’histoire de quatre copains qui vont enterrer la vie de garçon de l’un d’eux à Las Vegas» ne rendrait pas justice à ce film qui campe à des années-lumière de What Happens in Vegas et autres Very Bad Things – malgré leur thème commun.
Bien sûr, nous sommes ici dans une comédie bête... mais c’est très assumé, et c’est aussi très drôle. De même que surprenant à plus d’un titre.
D’abord, parce qu’on ne suit pas la folle nuit de débauche des quatre mousquetaires mais ses conséquences. Quand ils se réveillent dans leur suite dévastée, en présence d’un tigre, d’un poulet et d’un bébé... et qu’ils se rendent compte que le futur marié a disparu. Ils ont 24 heures (chrono?) pour le retrouver – donc, pour retourner sur leurs propres traces. Le hic : ils ne se rappellent absolument pas ce qui s’est passé au cours de cette nuit qu’ils voulaient inoubliable. Bref, intéressante différence de point de vue.
Ensuite, parce qu’un air de fraîcheur souffle sur cette comédie très irrévérencieuse. Elle est écrite par Jon Lucas et Scott Moore – qui font ici la preuve qu’ils sont plus (im)pertinents dans l’exploration des amitiés masculines que dans les relations de couple (ils ont signé les non concluants Four Christmases et Ghosts of Girlfriends Past) – et elle est portée par une distribution «différente» : pas de Will Ferrell, Seth Rogen et autres membres de l’écurie de Judd Apatow à bord, mais les moins connus Bradley Cooper, Zach Galifianakis, Ed Helms et Justin Bartha. Ils ne sont pas moins convaincants dans la peau du beau gosse à l’étroit dans sa vie, de l’adulte qui ne s’est pas rendu compte que l’adolescence est derrière lui, du type que sa copine mène par la b(r)aguette et du bon gars qui fait le lien entre ces improbables compagnons.
Enfin, à la réalisation se trouve Todd Phillips, l’homme derrière le mémorable Old School.
Résultat? Une comédie qui démarre de manière hyper accrocheuse : les trois zigotos sont dans le désert, leur Mercedes ressemble à une épave (et eux aussi) et ils annoncent à la future mariée qu’ils ne seront pas là à temps. Le film se termine aussi de manière hilarante, quand les spectateurs découvrent (en même temps que les personnages), alors que défile le générique, ce qui s’est passé pendant les heures «perdues».
Entre cette amorce et cette conclusion, des péripéties, des rebondissements imprévisibles et des rencontres et situations non moins originales (Mike Tyson chantant In the Air Tonight de Phil Collins) ou atteignant des sommets dans le comique politiquement incorrect (soyez prêts à tout quand le bébé est de la scène – ouch!). Mais le tout est mené avec une espèce d’ingénuité qui fait avaler bien des pilules – et autres choses que l’on ne décrira pas dans un journal familial.
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***1/2
The Hangover (v.f.: Lendemain de veille)
Comédie de Todd Phillips. Avec Bradley Cooper, Zach Galifianakis, Ed Helms, Justin Bartha. 1h40.
Après avoir enterré la vie de garçon d’un copain à Las Vegas, trois types se réveillent et se rendent compte qu’ils ont perdu le futur marié lors de cette nuit inoubliable... dont ils ont tout oublié.
On connaît la chanson? Surprise, pas celle-là.