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Aleksi K.lepage |
La Presse
Le cinéaste british Stephen Frears, toujours d’une grande élégance qui confine ici presque au kitsch, reprend le style chic et le ton classieux de Dangerous Liaisons et The Queen, pour notre grand bonheur.
Chéri, adaptation libre d’un roman de Colette (de son nom complet Sidonie Gabrielle Colette, le plus beau nom du monde) raconte, dans le livre, entre autres choses, et dans un français digne d’admiration, les amourettes d’une femme vieillissante, nantie, habituée au stupre excentrique des « années folles », et d’un jeune homme maigrichon, brillant, déchiré entre une vie de luxure, d’abandon et une existence plus ou moins rangée, c’est-à-dire plate.
Nous sommes directement projetés dans l’univers bourgeois et délinquant du début du siècle dernier ; Frears et ses collaborateurs ont fait du bon boulot, rien n’est laissé au hasard.
Les costumes et les décors paraissent «authentiques», le texte est bien traduit et adapté (par Christopher Hampton), Michelle Pfeiffer et Rupert Friend forment un couple crédible, et la musique d’Alexandre Desplat ajoute un peu de crème sur ce gâteau. C’est un peu nunuche. Et l’accumulation de clichés à propos de la France de ces belles années finit par agacer. Mais un film d’été, quétaine, signé Stephen Frears, c’est plus frais et beau qu’un gros ragoût de robots signé Michael Bay.