Le jeudi 13 août 2009
The Time Traveler’s Wife : perdu dans le temps et les genres
La Presse
Il faut ne pas connaître le fantastique et la science-fiction pour penser que c’est «du n’importe quoi». Ces genres ont des codes et, pour être crédibles, les intrigues qu’ils présentent répondent à une logique. On a l’impression que les artisans de The Time Traveler’s Wife (Le temps n’est rien) ignorent cela.
En tout cas, en ce qui concerne le film de Robert Schwentke (Flightplan) - le best-seller d’Audrey Niffenegger se tient peut-être mieux. Mais à l’arrivée de ce long métrage mal fichu (si la scène d’ouverture tire des larmes, c’est parce qu’elle est pathétique là où elle aurait dû émouvoir; et les effets spéciaux atteignent des sommets dans le ratage), autant les amateurs de science-fiction que ceux de romances tristes à la The Notebook risquent de rester sur leur faim.
Dans cette histoire sans queue ni tête, seule celle (la tête, s’entend) d’Eric Bana sauve à tout le moins la mise: il a une présence qui permet momentanément d’oublier la qualité (très variable) des films auxquels il participe. Bref, il incarne ici un homme qui, à cause d’un désordre génétique, voyage dans le temps. Il disparaît et réapparaît de la plus aléatoires des façons, perdant ses vêtements à chaque fois mais en trouvant toujours à proximité, et en ayant la chance de ne pas surgir du néant devant témoins (que cela sent l’arrangement avec le gars des vues!).
La vie de couple n’est pas facile à cause de ces échappées... que les acteurs ne semblent pas trop comprendre - de même que le réalisateur, si l’on se fie aux contradictions et erreurs qui émaillent le film. Dans le même genre, il faut se réfugier dans Somewhere in Time et Dead Again.