Le jeudi 8 octobre 2009
Couples Retreat : vacances ratées
La Presse
Vince Vaughn et Jon Favreau, deux potes dans la vie, ont été révélés au milieu des années 90 grâce à Swingers. Leurs parcours respectifs se sont recroisés depuis, tant derrière que devant la caméra, mais Couples Retreat (Couples en vacances) est le premier film dont le scénario porte la signature des deux acteurs.
Déception.
Couples Retreat fait partie de ce genre de productions pour lesquelles des artisans s’emballent autour d’une idée de départ. Qu’ils ne parviennent pas ensuite à développer de façon conséquente. On préfère y aller de gags s’arrimant de façon artificielle au récit, estimant sans doute que le cadre dans lequel ils ont lieu compensera les facilités d’usage.
Quatre couples amis. L’un d’entre eux est en difficulté et se dirige tout droit vers le divorce. Ultime tentative: une thérapie ayant lieu dans un endroit paradisiaque. N’ayant pas les moyens de se permettre ce voyage de rêve, le couple en rupture recrute les trois autres, histoire de bénéficier d’un tarif préférentiel.
Une fois sur place, les couples «harmonieux» n’ont d’autres choix que de suivre les étapes d’une thérapie «nouvel âge» mise au point par un gourou français (Jean Reno). La situation prêtera évidemment flanc à bien des dérapages, d’autant que l’île réservée aux célibataires en chaleur est située tout juste en face…
Aucun cliché n’échappe à l’attention des artisans. Les personnages sont des archétypes ambulants. Du côté des maris, il y a l’ancien joueur de football qui veut sauter tout ce qui bouge (Jon Favreau); l’angoissé chronique (Vince Vaughn); le gros de service qui arrive au bras d’une poulette de 20 ans (Faizon Love); sans oublier le maniaque qui veut tout contrôler (Jason Bateman). Leurs épouses (parmi lesquelles Kristen Bell et Kristin Davis) n’ont guère l’occasion de se faire valoir; leurs rôles étant grossièrement dessinés. Du côté des thérapeutes, c’est pire. Jean Reno, Carlos Ponce et Peter Serafinowicz, qui accentuent tous leur accent pour les besoins de la cause, se voient obligés de pousser leur personnage au-delà de la caricature.
Tourné à Bora-Bora dans l’un des complexes hôteliers les plus luxueux de l’endroit (ceci explique peut-être cela), Couples Retreat souffre non seulement d’une approche paresseuse dans l’écriture, mais aussi d’une réalisation peu inspirée. Peter Billingsley, un acteur signant ici son premier long métrage, propose une illustration simplette, et accouche finalement d’un film dont la longueur est inversement proportionnelle à la pertinence du propos.
On remarquera aussi que ce «Disneyland pour adultes» manque singulièrement de mordant. Les artisans semblent avoir freiné leurs élans à cet égard, leur mandat étant de livrer une comédie s’adressant à tous les publics.