Le jeudi 15 octobre 2009
Where the Wild Things Are : l’île des nounours
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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Un peu comme l’avait fait Danny Boyle avec Millions en 2004 l’excentrique Spike Jonze (Being John Malkovich) s’essaie au cinéma pour enfants avec ce conte bizarre, sorte d’Alice aux pays des merveilles destiné aux garçons hyperactifs, Where the Wild Things Are, inspiré du livre de Maurice Sendak.
On reconnaît, dans chaque scène et même chaque plan, le style et l’esprit du cinéaste. Mais justement, Jonze pèche ici par excès de style. Where the Wild Things Are souffre d’arythmie ; on y passe de l’hystérie à l’ennui. Un film apparemment destiné aux gamins de la génération Ritalin.
Le jeune héros de cette fable insolite, Max (prometteur Max Records) aurait d’ailleurs besoin de pilules ou d’une thérapie comportementale. Il ne tient pas en place, accumulant gaffe après gaffe au grand malheur de sa mère besogneuse (Catherine Keener). Max est une bombe à retardement. Aussi se sent-il incompris et isolé, se réfugiant dans son univers.
Un soir où tout va mal, le garçon déserte la maison, embarque dans un petit bateau à voiles et s’en va en mer. Il découvrira une île éloignée, peuplée de créatures étranges, sortes de Trolls au faciès animal. Reçu comme un roi, Max tâchera de régner sur ces gentils monstres, non sans peine. À leur contact il apprendra l’amitié, le droit à la différence, la loyauté et toutes ces belles vertus qui font le succès du Petit Prince.
À l’apparition des créatures, semblables à des mascottes de centre commercial, on craint le pire. Mais Jonze parvient tout de même à rendre ces nounours géants sympathiques et attachants si bien qu’on en oublie leur aspect parfaitement ridicule (comme il avait réussi à faire dans le célèbre clip de Daft Punk, avec cet énigmatique «homme-chien-qui-parle»). Jonze réussit aussi à reproduire visuellement, de manière intelligente, les univers imaginaires de l’enfance. En cela, Where the Wild Things Are rappelle aussi, sans la dose de cynisme qui en ferait un film pour adultes, le Time Bandits de Terry Gilliam, autre voyage d’un gamin perturbé, perdu en des mondes inconnus. Film d’auteur, film commercial, on ne sait trop à quel public s’adresse ce conte. On doute d’ailleurs qu’il trouve son public.
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**1/2
WHERE THE WILD THINGS ARE
Film fantastique de Spike Jonze avec Max Records, Catherine Keener, Mark Ruffalo
Après une fugue Max, garçon turbulent, se trouve perdu sur une île étrange peuplée de gros trolls poilus.
Conte bizarre, bien fabriqué, mais oscillant entre le film d’auteur et la production commerciale.