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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Ah! Nostalgie! Quand tu nous tiens… Il existe depuis déjà longtemps une véritable «industrie de la mémoire», laquelle attire un public nécessairement conquis d’avance en plus d’attiser les plus jeunes, branchés, qui ne veulent pas manquer le gros bateau de la mode. Ainsi a-t-on droit à toutes sortes de remakes et d’adaptations cinématographiques de vieilles choses qui devraient être tendrement reléguées aux coffres à souvenirs. Scooby-Doo, The Flintstones, Transformers, G.I.Joe, et maintenant Astro (oui, le petit robot.)
Astro est un classique du manga et du dessin animé japonais, personnage issu d’un univers imaginé par le précurseur Osamu Tezuka, mort en 1989 et auquel ce film rend hommage. Et il n’y a aucun mal à revisiter les classiques. Mais cette vaste et incontrôlable entreprise de récupération prouve encore une fois que les idées neuves se font rares ou que la manufacture hollywoodienne ne les tolère pas, donnant la désagréable impression que tout a été fait et qu’il n’y a plus rien à inventer. Avant de devenir l’enfant robot, Astro était un petit garçon éveillé et brillant, mort prématurément. Le père, homme de science, redonnera vie à son rejeton, tel un docteur Frankenstein (dans une scène qui rappelle justement les films de James Whale.) Renvoyé sur Terre, devenu un vaste dépotoir, l’enfant robot se fera des amis et, en toute fin, luttera contre les sbires de Metro City, sorte de ville volante dirigée par un tyran en puissance.
Astro est une valeur sûre. Deux ou trois générations chérissent ce personnage d’enfant devenu automate, paria d’un état policier et doué de pouvoirs extraordinaires. Aussi, Astro a un look cool. Cette version pixellisée, néanmoins assez respectueuse du modèle d’origine, ne mérite pas une volée de bois vert. Les enfants vont y découvrir un personnage intéressant et les moins jeunes y retrouver les émotions d’une enfance parfois oubliée et ici sublimée. Ce film d’animation de David Bowers, très bien fait, sans trop sacrifier aux tendances (on nous épargne ici la trame sonore techno et les chansons pop) reprend quelques idées du WALL-E de Andrew Stanton mais n’en possède pas la portée poétique ni la charge émotive ni le propos, plus ou moins saboté dans Astro Boy, co-production américaine et asiatique, à force de surenchère d’effets spectaculaires. La version québécoise bénéficie des services de Patrice Robitaille, Anne Dorval, Pierre Brassard, Stéphane Crête et Jacques L’Heureux, entre autres, pour la post-synchronisation.
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**1/2
ASTRO
Film d’animation de David Bowers. Avec les voix de Nicolas Cage, Samuel L.Jackson et Charlize Theron. 94 minutes.
Un petit garçon surdoué, mort tragiquement, retrouve la vie grâce à son père, homme de science. Mais cette résurrection artificielle fera de lui, contre son gré, un être super héroïque.
Adaptation de luxe, correcte mais qu’on oubliera vite, d’un manga et de quelques séries animées mythiques.