Son film s'inscrit dans la continuité des deux premiers volets. Toujours cette volonté de susciter la réflexion à travers un cinéma sobre et épuré, conçu en longs plans fixes, en éclairages naturels et avec bien peu de dialogues. En cela, Émond nage à contre-courant, fort de sa volonté de proposer un cinéma contemplatif qui élève l'esprit plutôt que de l'anesthésier par un déluge d'images et de sons.
La donation reprend là où se terminait La neuvaine, avec le personnage de Jeanne Dion (excellente Élise Guilbault), encore une fois plongée en pleine remise en question existentielle. L'urgentologue se retrouve à Normétal, en Abitibi, afin de prendre la relève d'un vieux médecin (Jacques Godin). Au contact de la misère qui afflige ses nouveaux patients, étrangère dans ce monde où les routes s'étirent à n'en plus finir, entre deux villages isolés, la femme verra s'ouvrir un nouveau monde devant elle. Et en elle.
En terrain connu
Que ce soit cette adolescente enceinte, cette mère atteinte d'un cancer et inquiète de voir son ex-mari prendre la garde de ses enfants, ou ce vieil ermite isolé par la maladie au fond de la forêt, ces nouveaux visages de la misère lui apprendront qu'il ne saurait y avoir plus grande charité que la compassion au malheur d'autrui. Et qu'un peu comme les paysages austères de l'Abitibi, il faut apprendre à regarder ces gens désoeuvrés et perdus afin d'en découvrir toute la richesse.
Les habitués de Bernard Émond se retrouveront en terrain connu avec cette nouvelle offrande aux grandes qualités de coeur. Moins intense que Contre toute espérance, mais en prise directe avec l'esprit de La neuvaine, ce troisième opus invite au recueillement et à l'ouverture sur l'autre. Un film rare et précieux.
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* * * 1/2
La donation. Genre : drame. Réalisateur : Bernard Émond. Acteurs : Élise Guilbault, Jacques Godin, Angèle Coutu, Éric Hoziel, Françoise Graton, Manon Millette, Aubert Pallascio et Marie-Soleil Corbin-Alyson. Classement : général. Durée : 1 h 34.
On aime : la réflexion suscitée par la sobriété de la mise en scène, le jeu d'Élise Guilbault, l'humanisme du scénario.
On n'aime pas : quelques personnages secondaires qui manquent de relief.