Paranormal Activity (présenté à Québec en version originale anglaise avec sous-titres) n'est ni plus ni moins que le pendant bungalow de The Blair Witch Project. Aucun générique, pas de musique, un seul lieu de tournage, seulement deux acteurs principaux, une histoire filmée dans le style vidéo maison, avec tous les défauts inhérents à cette façon de faire; le moins que l'on puisse dire, c'est que Peli n'a pas donné dans la démesure.
L'intrigue, minimaliste à souhait, se déroule entre les murs d'une maison de la banlieue de San Diego, avec un petit couple ordinaire (Katie Featherston et Micah Sloat) aux prises avec un esprit démoniaque qui se manifeste seulement la nuit, pendant son sommeil.
Fan de nouvelles technologies, l'homme de la maison décide d'installer une caméra dans la chambre à coucher, histoire de tirer au clair l'origine de ces manifestations paranormales qui hantent sa conjointe depuis l'âge de huit ans.
Mener le spectateur en bateau
D'une nuit à l'autre, la caméra enregistrera des incidents bizarres qui iront en s'amplifiant : une porte qui se ferme toute seule, des bruits inquiétants au rez-de-chaussée, des traces de pas sur le plancher, la trappe du grenier ouverte par on ne sait trop qui, la femme devenant somnambule et fixant son conjoint pendant des heures, debout près du lit...
Toutes ces scènes (et surtout l'épilogue) risquent de donner la chair de poule à quelques spectateurs. Chaque nuit, un nouvel enregistrement fait monter la tension, d'autant plus que comme dans The Blair Witch Project, l'utilisation de la vidéo permet de mener le spectateur en bateau. Où commence la réalité, où se termine la fiction, on ne sait plus trop...
À l'inverse, le scénario comporte son lot d'incohérences et d'aberrations. Le couple persiste à demeurer sur place malgré les manifestations du poltergeist. Son entourage se limite à une copine qu'on ne voit à peu près jamais. Aucun appel téléphonique à quiconque. Irritée un moment par la présence permanente de la caméra, la fille filme quand même son copain lorsque ça brasse et qu'elle est en état de choc. Un médium appelé à la rescousse ne sera d'aucun secours, le type semblant débordé par les événements, style «Ça brasse trop ici, je me tire, bonne chance».
Budget minimaliste oblige, Peli a tourné son film à la façon d'un vidéaste du dimanche, avec tous les mauvais cadrages et autres soubresauts agaçants de la caméra. Les coeurs sensibles risquent d'éprouver quelques malaises à composer avec ces effets, conçus volontairement pour donner un aspect «plus vrai que vrai» à cette histoire de fantôme vengeur.
Pour la suite des choses, on souhaite plus de succès à Peli qu'aux deux cinéastes de The Blair Witch Project, Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, qui, dans la foulée du succès inattendu de leur film, n'ont jamais réussi à passer en vitesse supérieure.
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Activité paranormale (Paranormal Activity). Genre : thriller. Réalisateur : Oren Peli. Acteurs : Katie Featherston, Micah Sloat, Mark Fredrichs, Ashley Palmer et Amber Armstrong. Classement : 13 ans. Durée : 1 h 26.
On aime : la proposition de départ, quelques moments de frayeur mémorables.
On n'aime pas : une première partie qui traîne en longueur, la caméra qui bouge trop, quelques incohérences du scénario.